NEWS LETTER 34

                     PETITES IMPRESSIONS SUR LA RUSSIE

                                     ( du 17 au 30 juillet 2009 )         

Chaudefonds le 5  aout 2009

         

           La Russie,  comme la Mongolie, nous laisse une impression d'un pays à deux vitesses. depuis la fin de l'ère socialiste. Il y a ceux qui gagnent bien leur vie et ceux qui  la subissent de plein fouet.  Les belles voitures circulent dans Moscou tandis que des femmes  retraitées - 70 ans, ce n'est pas rare- travaillent en ville ( caissière, chauffeuses de taxi, vendeuses ambulantes...). Et oui, je parle des femmes retraitées et non des hommes. L'esperance de vie masculine en Russie diminue d'années en années : elle est de 59 ans a ce jour. Motif : surconsommation d'alcool et nourriture trop riche en graisse.

            La retraite donnée par le gouvernement - tout comme en Mongolie - est minime 300 roubles. Ce n'est rien si vous pensez au prix des denrées de base : 1 pain : 16 roubles; 1 yaourt : 11-15 roubles; 1 kilog de pâtes : 18 roubles; 1 kilog de  tomates : 70 roubles; 1 ticket de metro : 22 roubles. Et la corruption - c'est bien connu - est pratique courante.... C'est aussi la débrouillardise et les double ou triple emplois que nous avons bien connu en Mongolie  ( les Mongoles peuvent avoir un emploi du lundi au vendredi, un autre le samedi, voire un autre le dimanche...).  Et comme le disent si bien Bayarmaa et Chimghee " on n'a pas le choix " . Belle leçon d'humilité pour nous francais !

       Depuis 2002, le nombre de touristes en Russie décroit. Motif : formailtés administratives trop lourdes pour les touristes;  peu de promotion des lieux touristiques. Pour un sejour de plus de trois  jours dans un lieu il faut etre enregistrés a la police. Ces formailtés auraient pu nous rebuter. Nous y  avons consacré un sacre temps avant et pendant le voyage. L'enchainement des dates des visas est tres compliqué  a organiser. Sur le terrain, c'est à chaque fois une demi-journée ou une journée qu'il faut pour obtenir ses documents. Il ne faut pas déroger au programme une fois le visa obtenu... Un vrai casse tete "chinois ".  C'est bien simple, tous les postes de contrôle de passeports / visas ou nous sommes passés, nous finissions les derniers de la queue car nous étions quatre et nos papiers étaient épluchés a la loupe. Nous avions en effet parfois quatre visas, parfois deux suivant les pays, les enfants étant sur notre passeport ( mais ayant aussi leur propre passeport au cas où) . Ainsi on économise le montant d'un visa. Mais nous ne décidions pas du nombre de visa, c'est le consulat qui décidait...

        Jeudi 30 Juillet : nous reprenons l'avion. Cela nous fait bizarre apres toutes ces heures de transmongolien et transsiberien. Nous nous étions habitués au bruit des rails , au rythme lent de notre locomotive, à la taiga qui défilait sous nos yeux., aux discussions avec nos voisins de compartiment et au sourire de la provodnista... Rentrés en Russie par les barbelés de la frontière qui longe la voie ferrée, nous en sortons par la frontière aérienne de Léttonie  puisque notre avion fait une escale de quelques heures a Riga. Nous sommes tout à coup des voyageurs libres : plus de militaires a controler et à tamponner nos visas. Du jamais vu en 6 mois !... Nous voila définitivement libres de circuler et en Europe ! Nous pensons alors à Philipppe et Colette - rappelez-vous ce sont ces deux cyclos angevins que nous avons croisés a Tsetserleg - en vélo qui attendent avec impatience ce moment là aussi : ils prennent le train jusque Riga puis pédalleront de nouveau vers la France pour y être revenus en novembre.

      La liberté d'expression c'est une autre affaire en Russie, tout comme en Mongolie et en Chine. Cela nous choque. Dans le transsibérien, j'interroge un russe sur ce qu'il pense de la politique actuelleen osant citer Poutine : " attention, madame, on n'en parle pas ! Le KGB est finit mais pas le FSB" -son remplaçant depuis 1990-. Aussitôt j'avais deux hotesses qui me fusillaient du regard car le mot Poutine les avaient mis en alerte. En Chine, ce fut les mêmes réactions : regards fusillants dés que l'on parle politique et votre interlocuteur qui regarde partout autour de lui pour vérifier si il n'est pas entendu... Les emprisonnements sont encore nombreux. Cela ne nous laisse pas insensibles et donne lieu à de longues discussions avec Anaëlle et Maëlic sur la démocratie et la liberté dans le monde.

       Petite frayeur financière encore a notre arrivée a l'auberge de jeunesse le dimanche à Moscou, apres notre transsiberien. Toujours notre fichue carte bancaire qui affiche "niet" pour des retraits supérieurs a 450 euros (  le "niet" russe est toujours accompagné des bras croises devant soi, au cas où le touriste n'aurait pas bien compris "niet" )  et la receptionniste de l'auberge qui n'accepte pas le paiement par carte comme nous le pensions. Plus de sous encore une fois. Quatre fois en cinq semaines, c'est beaucoup d'émotion cette affaire-la quand on est 4 a bord et qu'on a juste quelques centimes dans le porte monnnaie...  Alors, vous comprendrez mieux pourquoi les enfants parlent du régime " nouillles / pâtes ketchupées ". Cette fois, Georges appelle notre banque en urgence et nous augmentons considérablement notre montant au retrait. Le lundi matin, nous respirons : nous pouvons payer les quatre nuits de l'auberge ( allez, on vous le dit le tarif : 20 euros par personne par nuit contre 21 euros a Pekin, celavous creuse un budget...). A Moscou, comme a Pekin, l'hebergement est tres cher et nous avons selectionné les plus  bas tarifs !

        Moscou ne nous laisse pas une impression de ville exceptionnelle telle Pekin. Bien que chargée d'une longue histoire, la Place Rouge est moins impressionnante que la Place Tien An Men. Les batiments du Kremlin ne sont pas tous accessibles ( seules  les  magnifiques églises de la place des Cathedrales le sont ). Du coup, la visite du Kremlin ne prend que quelques heures et pas la journée comme la Cite Interdite. Il y a beaucoup de musée  en ville mais là, en fin de voyage, apres ceux de Pékin et Oulan Bator, nous commençons à saturer des musées ! A ce propos, à Oulan Bator, nous avons oublié de vous parler du Museum d'Histoire Naturelle où nous avons pu découvrir un spécimen de dynausaure de 17 métres de long. Anaëlle et Maëlic étaient aux anges évidemment...


A suivre...

les Neau

         










.