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                                           Anaëlle, Cécile, Maëlic, Gilles à San Francisco de Cunuguachay
                                                                (vallée voisine de celle de Guabug). Juillet 2005.

VOYAGER EN FAMILLE
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          La réalisation d'un rêve : voyager avec nos enfants en marchant et en vivant chez l'habitant    
          En 1994, pendant notre trekking au Népal, nous avions fait le vœu que dès que les enfants que nous aurions seraient assez grands, nous marcherions et voyagerions avec eux. Nos précédents voyages (Turquie, Martinique, Guyane, Mali, Mauritanie, Népal) ont eu pour devise la vie chez l'habitant et la marche. Marcher est l'un de nos passe-temps favoris. Lorsque Anaëlle arrive en 1996 et Maëlic en 1998, nous poursuivons donc nos randonnées : tantôt Anaëlle marche, tantôt elle est sur les  épaules.  Maëlic, lui,  est dans le sac à dos. Ils grandissent et marchent de mieux en mieux, de plus en plus loin. En 2002 puis 2003 : premières boucles sur les GR effectuées en France de refuge à refuge. Ils marchent rudement bien ! Ils y prennent goût. Nous sommes prêts. C'est décidé : ce sera donc en vivant chez l'habitant et en marchant que nous ferons découvrir un échantillon de la planète à nos enfants.

          En octobre 2003, Manuel de Guabug nous appelle : « Hola Gilles et Cécile ! Comment allez-vous ? Quand revenez-vous nous voir à Guabug ? ». Nous avions vécu déjà en couple à Guabug en 1992 et avions gardé des liens étroits avec les villageois. Le projet chemine alors dans notre tête… Cela nous parait fabuleux de faire découvrir à nos enfants ce lieu authentique que nous avons connu avant leurs naissances.... La famille Caguana est prête à nous accueillir ainsi que la communauté de Guabug. Le projet prend forme…

        2004 : création de l'association "Puruhuas, Indiens des Andes"
        Ayant déjà vécu à Guabug, nous connaissons les besoins du village et ne voulons pas arriver les mains vides. Nous créons une association Puruhuas, Indiens des Andes. Elle a pour objectif premier l'échange interculturel entre les familles de Guabug et nos familles françaises. Le second objectif est de soutenir des projets mis en place dans le village par les Indiens et pour les Indiens dans le respect de leurs coutumes, besoins et volontés. Nous acheminerons ainsi en 2005 du matériel scolaire et éducatif et des fonds destinés au secteur de l'enfance du village. Depuis 2006, nous soutenons la construction d'un restaurant solidaire (dans l'esprit du commerce équitable) initié par l'association des Femmes de Guabug sur Guabug. Ce restaurant devrait voir le jour en 2008....         

        Quito
        Le 8 mai 2005, avec nos 130 kilos de bagages, nous mettons cap sur Quito où nous passons deux semaines d'acclimatation ( 2500mètres ) chez nos amis Carlos et Lucrécia Murzo ( rencontés en 1990 ). Ils tiennent un magasin de fleurs et un hôtel qui emploient plus de vingt salariés. Carlos et Lucrécia nous font découvrir leur travail au magasin ainsi que leur village natal de Calderon, à une heure au nord de Quito. Nous parcourons le Quito colonial, ses églises, ses musées...   Nous savourons les premiers plaisirs du voyage en famille. Les enfants sont heureux. Ils vont de découvertes en découvertes...

       Bienvenida a Guabug !
          Le 22 mai, aprés 4 heures de bus, arrivée à Guabug ! Andréa et Manuel Caguana, les parents, Maritza ( 12 ans ) et Sofia ( 24 ans ) et son bébé Sabrina nous accueillent chaleureusement. Nous serons donc quotidiennement 9 dans cette maison. D'emblée, nous définissons ensemble notre fonctionnement commun. Trés simple : nous faisons les courses ensemble et payons notre part. Nous mangeons comme eux  la soupe au déjeuner et au dîner ( nous conserverons le petit-déjeuner à la française tous les 4 ). Nous les aidont aux tâches quotidiennes de la maison. Sans rien se dire, chacun veille à ses occupations sans attendre l'autre. Quelle simplicité ! Cela c'est fabuleux  ! A aucun moment des deux mois nos deux familles n'éprouveront de gêne à vivre ensemble. C'est sans doute un des éléments qui a fait que notre cohabitation fût aussi simple.
    Débutent alors de longs moments d'échanges, de complicité, d'amitiés, d'émotions. Nous aidons Andréa à fabriquer du fromage, allons chercher avec elle le troupeau ou ramasser les pommes de terre… Nous parlons beaucoup ensemble. Nous blaguons ensemble, riant de certaines de nos manies quotidiennes respectives comme si nous vivions ensemble depuis une éternité !...  
    Anaëlle et Maëlic passent des heures à jouer avec Maritza et Evelyn sa cousine. Ils deviennnent inséparables ! Ils s'adaptent vite à leur nouvel univers. Oui, vraiment, les enfants s'adaptent partout, qu'on se le dise !

      Des conditions de vie particulières   
        Deux mois dans des conditions de vies spartiates. Pas d'eau chaude : nous faisons chauffer l 'eau dans la marmite du labo à fromage d'Andréa lorsqu'elle a finit de faire bouillir le lait ! La maison n'est pas isolée du froid : les portes sont ajourées de 10 centimètres, ce qui n'est pas peu dire quand les températures nocturnes filrtent réguliérement sous les 0 degrés... Pas de portes entre chaque piéce mais des rideaux. Chaque membre des 2 familles trouvent sa place, en respectant les autres.

       En avant les mingas ( travaux communautaires ) !
          Nous découvrons la vie de bergers des villageois. Dans la joie et la bonne humeur, nous participons à de nombreux travaux collectifs (mingas) avec les villageois : construction d'une choza  ( maison en terre battue ) , réfection d'un canal d'irrigation, peinture de la garderie et salle communale, nettoyage de chemins….  Anaëlle et Maëlic prennent pelles, pioches, pinceaux avec plaisir. Ils ont compris qu'en travaillant nous nous intégrons avec facilité au village. Ils étonnent les villageois par leur capacité à s'adapter.  
        Dépourvu d'aides gouvernementales, ce système de travail hérité de la période inca, permet aux familles d'assurer la survie des commmunautés. Quelle capacité à s'auto-organiser ! Les réunions communautaires se déroulent sur le modèle du consensus général, donnant la parole à chacun. Les villageois absents pendant les réunions ou les travaux doivent s'acquiter d'une taxe.

        Nous partageons la vie du village : réunions communautaires, fêtes familiales ou collectives. Nous sommes fréquement invités chez des voisins. Cécile chante avec Manuel et José ou le groupe Pakari. Nous rendons des visites régulières à la garderie où l'"almuerzo " nous attend toujours. Gilles joue au football le dimanche. Nous nous lions d'amitiés avec certains dirigeants de la communauté, désireux de plus nous découvrir : José ( maire et frère d'Andréa ), Marianna, Aurélio, Marco…

Marcher en famille en montagne : une passion partagée
    Deux mois à marcher sur les sentiers de Guabug et des environs.   Nous nous rendons régulièrement  avec nos voisins à pied aussi au hameau Santa Teresita situé à 4100 mètres à une heure  en amont de Guabug. Là, les conditions climatiques sont nettement plus difficiles qu'à Guabug (froid, vents violents, pluie…) et le sol encore plus ingrat. On ne trouve plus que les cultures de pommmes de terre et d'orge. Nous apprécions à chaque fois de nous réfugier dans le bâtiment de l'école où même si de nombreux carreaux sont cassés et laissent pénétrer le vent, nous nous sentons à l'abri quelques instants.
         Nos enfants marchent vigoureusement sans soucis, mesurant  la notion d'effort et de maitrise de soi à des altitudes telles que 5000 mètres. Ils n'ont jamais douté car ils avaient confiance en nous, en notre connaissance de la montagne et de ce qu'elle éxige. Cette confiance était primordiale pour la réussite de ces randonnées pratiquées dans des conditions météorologiques difficiles.
    Nos précédentes expériences de randonnées et de treks nous avaient appris à éviter le MAM ( mal aigu des montagnes). Nous savions que la condition primordiale pour que ces marches familiales se déroulent bien devait être une acclimatation progresssive à l'altitude. Ce que nous avons fait : Quito d'abord ( 2800 m ) pendant 2 semaines, Guabug ensuite ( 3500 m ) pendant 3 semaines avant de grimper des 5000 mètres. A aucun moment, ils n'ont voulu rebrousser chemin, sachant trés bien quelle récompense le montagnard a  au sommet : la vue en plus du bonheur d'être arrivé jusque là. Anaëlle dira d'ailleurs qu'" aprés les copines à Guabug , ce sont les paysages  dans nos randonnées qui l'ont le plus marqués tellement ils sont beaux les sommets et volcans équatoriens  ".          

Sur les chemins du commerce équitable
    Depuis la dollaristaion de 1999, l'exode rural dans le pays est énorme : deux millions d'équatoriens sont partis or des frontières. De nombreux hommes sont partis travailler en ville, ne revenant qu'une ou deux fois par trimestre... Pour pallier à cela, les femmes de la Sierra se sont regroupées créant des micro-projets pour survivre. Ainsi, l'asociation Ahuana basée à Calpi, à quelques kilomètres de Guabug, a mis en place des micro-entreprises employant les salariés des villages, la matière première des villages, limitant les intermédiaires à la vente.
   
  

Bonheurs partagés

L'impression de vivre une aventure qui restera gravée longtemps dans nos mémoires. Des souvenirs, des émotions intimes partagés avec beaucoup de force et de bonheur. Quelques moments de blues : inévitables lorsque la fatigue est au rendez-vous et qu'elle prend le dessus sur la découverte. Petite cure de sommeil, changement de lieu parfois puis tout repart et plus personne ne veut rentrer en France ! 

Moments  de complicité,  regards échangés et  partage culturel très intenses !  Trois mois qu' Anaëlle et Maëlic ont savourés au-delà du choc de culture que leur impliquait leur nouvelle vie. Trois mois qu' Anaëlle a définis comme le "début d'amitiés sans frontières"

   Trois mois de voyage en tout comprenant quelques excursions  à Baños ( ascenscion Tungurahua ), Puyo ( petite virée en pirogue en forêt primaire, un grand moment d'émotion pour Anaëlle et Maëlic ), Ingapirca ( festival d'Inti Raymi sur ce site de ruines incas ) et Latacunga ( ascension du Cotopaxi ).

Une expérience familiale singulière à partager
        Nous avons tant appris, découvert, partagé en famille.
Nous avons, nous les parents, retrouvés nos regards d'enfants à travers le regard de nos enfants. N'est-ce-pas l'essentiel ?

C'est alors avec un immense plaisir que nous vous partageons notre expérience !


Avril 2007        
 

Les Andes
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